Essai relatif au principe de changement de gaz dans les Hauts de France sur les chaudières utilisant le gaz naturel

I – Le Gaz alimentant les chaudières

a) Familles de gaz subdivisées en groupes

– Première famille           :         – Groupe C

Il s’agit ici d’un mélange hydrocarbure-air, gaz de reformage (Recknagel – 3ème édition – Page 295). Cette première famille renferme également d’autres groupes comme le A et le B d’où encore une fois l’intérêt de bien préciser la famille à laquelle on fait référence si la même terminologie est employée dans deux groupes distincts.

– Seconde famille           :         – Groupe H (High) ou (Haut Pouvoir calorifique)

– Groupe L (Low) ou B (Bas Pouvoir calorifique)

                                                 

Il s’agit ici de gaz « méthane » ou gaz naturel. Dans la très grande majorité des cas il s’agit d’un mélange gazeux avec une prédominance de gaz méthane.

– Troisième famille         :         – Groupe P (propane)

                                                 – Groupe B (butane)

                                                   – Groupe B/P (Mélange butane + propane)

Il s’agit ici de gaz de pétrole liquéfié (GPL) gaz propane (P) ou butane (B)

          Dans la suite de l’exposé la première famille de gaz ne sera pas abordée car elle n’a pas de pertinence significative pour le sujet que je traite.

          La terminologie « Groupe L (Low) » est employée dans le journal officiel de l’union Européenne – Publication du : 14/06/2018 – Rubrique C 206/9. En France on parle de Groupe B (Bas pouvoir calorifique) mais il s’agit bien du même type de gaz. Dans la suite je continuerais à employer la terminologie officielle à savoir Groupe L. En effet il ne me semble pas judicieux pour des raisons de compréhension, d’utiliser la terminologie « Groupe B » sans préciser qu’il s’agit du gaz de la seconde famille car il existe un « Groupe B » pour le gaz de la troisième famille (voir descriptif plus haut). Donc pour des raisons de simplicité (raccourci) d’expression je n’utiliserais que le terme de gaz du « Groupe L » sous-entendu qu’il s’agit bien du gaz de la seconde famille.  

          Pour cette raison je souhaiterais faire une simple remarque afin d’attirer l’attention des médias spécialisés ou non, sur la terminologie employée qui pourrait être source de confusion chez certaines personnes non initiées. Il est bien évident pour moi que tous les intervenants communiquant sur le sujet du changement de gaz dans les Hauts de France, moi compris, peuvent par simple oubli faire une erreur de formulation. Il me semble important de chercher à utiliser autant que possible la même terminologie afin de faciliter la compréhension du plus grand nombre. A ce sujet je remarque deux petites imprécisions à ce sujet, celui du réseau GRDF qui indique sur son site le terme de « clients alimentés en gaz B » sans préciser qu’il s’agit du gaz de la seconde famille. Il me semble judicieux d’opter soit pour la terminologie « gaz du groupe B de la seconde famille » ou plus simplement gaz du groupe L sans être forcé de préciser qu’il s’agisse de la seconde famille tout simplement parce qu’il n’y a pas de groupe L dans la première ou la troisième famille, en tout cas à ma connaissance.

Imprime écran prit le : 15/04/2020 sur le site du réseau GRDF   

 Imprime écran pris le même jour sur le site la voix du nord (LA VDN) du 15/04/2020

   

Il n’est nullement question ici de polémiquer sur ce détail de terminologie mais je trouvais utile d’apporter un éclaircissement à mes propres lecteurs. Encore une fois si vous découvrez une imprécision dans mes écrits je reste ouvert à toutes observations détaillées, documentées et précises de votre part.

b) L’indice de Wobbe des groupes de gaz L et H

          Chaque Groupe de gaz peut être caractérisé par son indice de Wobbe (W) il est l’indicateur permettant d’apprécier l’interchangeabilité des gaz entre eux mais pas seulement…..

Rappelons la formule 1 suivante permettant de calculer l’indice de Wobbe (W) :

Avec : W : Indice de Wobbe (kWh/m3) – PCS : Pouvoir Calorifique Supérieur (kWh/m3) et « d0 » densité du gaz par rapport à l’air

          Afin de calculer l’indice de Wobbe des gaz L et H il est nécessaire de préciser les termes de l’équation :

– PCS (Pouvoir Calorifique Supérieur) du gaz L. Pour cela je reprends un extrait de la fiche technique GRDF intitulée : « comprendre les coefficients de conversion » ci-dessous :

– PCS (Pouvoir Calorifique Supérieur) du gaz H. Pour cela je reprends l’extrait d’un fascicule édité par le Cégibat en page 24/32 de janvier 2007 ci-dessous

– d0 (densité) des gaz L et H par rapport à l’air. Pour cela je reprends l’extrait d’un fascicule édité par le Cégibat en page 24/32 de janvier 2007 ci-dessous :

– Les calculs nous donnent respectivement un indice de Wobbe pour les gaz du groupe L et H :

Gaz de Groningue – Groupe L

– PCS du gaz L                                                        : 10,0 kWh/m3

– d0 (densité du gaz L par rapport à l’air)           : 0,64

– W1 gaz L = 10,0 / √ 0,64                                      : 12,5 kWh / m3

– W donné dans la littérature*                              : 12,8 kWh / m3

* Recknagel – Troisième édition – Page 299

Gaz de la mer du nord – Groupe H

– PCS du gaz H                                                      : 11,4 kWh/m3

– d0 (densité du gaz L par rapport à l’air)            : 0,63

– W2 gaz H = 11,4 / √ 0,63                                     : 14,3 kWh / m3

– W donné dans la littérature*                               : 14,4 kWh / m3

* Recknagel – Troisième édition – Page 299

          De manière générale on remarque que les indices de Wobbe calculés ici sont sensiblement égaux aux indices de Wobbe donnés dans la littérature. La différence n’est pas significative pour l’étude de cas suivant.

II – Les chaudières utilisant le gaz des groupes L et H

a) Catégorie des chaudières gaz

          Les catégories d’appareils sont définies d’après la famille, le groupe et les pressions de gaz pour lesquelles ils sont conçus. Certains appareils peuvent présenter une terminologie de catégorie un peu différente.

          De manière générale il existe 3 catégories d’appareil gaz : I, II et III ainsi qu’une multitude de sous catégories. Nous ne retiendrons ici que ceux de la deuxième et de la troisième famille à savoir :

– Catégories simples      :         I 2 E+

– Catégories doubles      :         II 2 E+3+

          La catégorie de l’appareil que l’on peut retrouver sur la plaque signalétique de la chaudière sera l’un des critères qui permettra d’avoir une première indication sur la possibilité ou non qu’a un appareil de passer d’un gaz du groupe H au groupe L cependant celui-ci ne sera pas le seul critère, d’autres facteurs devront être à considérer en sachant qu’il est impossible de tout prévoir par avance et chaque cas sera donc à étudier de manière individuelle avec quelques fois des cas qui ne trouveront pas de réponses certaines, par exemple dans le cas où la plaque signalétique de l’appareil est illisible et qu’il n’y a plus aucun document retraçant l’historique de l’appareil, d’autres situations peuvent se présenter sans en avoir une idée précise à l’heure où j’écris ces phrases.

– Catégories simples      :         I 2 E+

          Appareils n’utilisant que le gaz du groupe E de la seconde famille sous-entendu groupe L et H et fonctionnant sans intervention sur l’appareil avec un couple de pression de 20 et 25 mbar.

– Catégories doubles      :         II 2 E+3P équivalent à II 2 E+3+

          Appareils susceptibles d’utiliser les gaz du groupe E de la seconde famille (gaz naturel) sous-entendu gaz du groupe L et H et les gaz de la troisième famille (propane et butane). L’utilisation des gaz de la deuxième et de la troisième famille se faisant respectivement dans les mêmes conditions que pour les catégories I2E+ et I3E+.

          Pour ne rien arranger certains fabricant utilise une terminologie différente. En effet on pourra rencontrer la terminologie suivante :

– Catégories doubles      :         II 2 E+3P au lieu de II 2 E+3+

          On pourra également rencontrer sur des chaudières des années 1980 à 1990 la catégorie suivante :

– Catégorie double         :         II 23 + AP/AB     

          Ces plaques particulières sont présentées sous la forme de deux exemples dans la suite de l’exposé ci-dessous

Plaque signalétique de la chaudière murale  SD 123 C de 1992 

AP / AB : probablement pour Air Propané / Air Butané

Plaque signalétique de la chaudière sol Hydrotherme de 1985

Enfin on peut également lire en page 13 du Recknagel – 3ème édition – Tome 2 sortie en 1996 la même terminologie. A ce titre l’auteur inscrit ce qui suit :

Ces deux présentations montrent qu’il sera nécessaire d’étudier au cas par cas chaque dossier afin de savoir si la chaudière est compatible ou non pour passer d’un gaz du groupe L au groupe H. En effet l’encadré parle de : « pression respective d’alimentation » mais alors ……..

          Les choses sont loin d’être simples car la pression d’alimentation d’un appareil gaz n’est rien d’autre que la valeur de la pression du gaz à l’entrée de l’électrovanne gaz équipant la chaudière quand celle-ci ne fonctionne pas, c’est-à-dire quand la chaudière est au repos, on parle également de pression amont statique (PAMS). Si l’on reprends la plaque signalétique de la chaudière hydrotherme par exemple on observe (voir encadré bleu) :

– G.L. (Gaz de Lacq sous-entendu gaz H)                       : 18 mbar

– G.G. (Gaz de Groningue sous-entendu gaz L)             : 25 mbar

          Ces deux valeurs de pression 18 mbar pour le gaz du groupe H et 25 mbar pour le gaz du groupe L, sont des : « pressions respectives d’alimentation » on parlera dans la suite de l’exposé de pression amont statique (PAMS). Ces pressions sont en vigueur en 1985.

          Par la suite ces pressions amonts statiques respectives ont évoluées. Elles sont respectivement à ce jour (16/04/2020) de :

– Gaz du groupe H                                                           : 20 mbar

– Gaz du groupe L                                                           : 27 mbar

          La pression amont statique est obtenue grâce à différentes méthodes je peux en citer deux :

– le poste de détente de quartier qui reprend plusieurs habitations

– le détendeur individuel de coffret  

          Lorsque la pression amont statique (PAMS) du gaz du groupe L est passée de 25 à 27 mbar aucun changement n’a été opéré sur les appareils tout simplement parce que les appareils restaient alimentés en gaz du même groupe dans notre cas le gaz du groupe L.

          Il n’est nullement question de prétendre dans cette étude d’apporter une réponse certaine à toutes les situations qui seront rencontrées sur le terrain. Etant moi-même un homme de terrain je cherche dans la majorité des cas à garder les pieds sur terre, j’évite le plus possible ce que nomme le : « hors sol ». Cependant la réalité du terrain me montre tous les jours que chaque cas est unique et même si la grande majorité des situations se déroulerons selon moi dans de bonnes conditions avec la conservation en place de l’appareil existant, nous aurons également de manière ponctuelle à faire face à des situations particulièrement complexes qui ne permettront pas de rendre un avis certains sur la conservation en place de la chaudière et surtout son adaptation au passage du gaz du groupe L (Groningue) au gaz du groupe H (Mer du nord ou autres).

          Nous pouvons à titre d’exemples non exhaustifs et non limitatifs entrevoir certains types de complications :

          a) Plaque signalétique de la chaudière illisible, manquante (décollée) ou         inaccessible.

          b) Cahier technique de la chaudière absent avec impossibilité de l’obtenir auprès du        constructeur rendant impossible la lecture du chapitre sur les caractéristiques gaz.

          c) Absence de relèves graphiques des pressions gaz amont et aval de la chaudière    avant le changement de gaz. Ce que j’appelle l’emprunte gaz du fonctionnement de        la chaudière. Dans la suite de l’exposé je vous présenterez ce qu’est une emprunte    gaz du fonctionnement de l’appareil. De manière générale absence de relèves           générales précises sur la chaudière avant le changement de gaz.

          d) Absence d’historique précis de l’état de l’appareil avant le changement de gaz.       Même si la chaudière est entretenue annuellement il est possible voir courant qu’il    n’y ait aucune série de valeurs caractéristiques relevées comme la pression gaz       amont statique, la pression gaz aval à l’électrovanne gaz ou la pression gaz aval à la      nourrice (c’est essentiellement cette série de valeurs que l’on aura besoin).

          e) Absence de point de mesure gaz sur la chaudière elle-même (non prévu lors de          l’élaboration) en particulier au niveau de l’aval à la nourrice.

          f) D’autres cas peuvent se présenter sans avoir étaient envisagés dans les points ci- dessus.

à Par contre ce qu’il faut absolument retenir c’est que l’âge de l’appareil n’est en aucun cas un critère systématique permettant de rendre un avis évidant sur la non adaptabilité de la chaudière ancienne au passage du gaz du groupe L au gaz du groupe H. A l’inverse ce n’est pas non plus un critère universel d’adaptabilité systématique.      

          Afin d’illustrer mes propos et toujours dans le soucis de garder : « les pieds sur terre » je vais traiter d’un cas précis mais fictif afin d’illustrer un peu mon exposé. Ce cas est bien évidemment un cas général qui ne présente en soi aucune particularité ni même complexité.

          III – Approche concrète et collecte de données permettant de poser la situation

          A la question : « est-ce que ma chaudière sera adaptée pour passer du gaz du groupe L au gaz du groupe H sans réaliser aucun investissement et en ayant la certitude que ce passage se passe sans aucun problème pour tout le monde  ? »

          Je répondrais par : « tout d’abord il y aura forcément un investissement financier qu’il soit pris en charge partiellement par le réseau GRDF ceci ne fait aucun doute cependant la prise en charge ne sera que partielle. Ensuite il n’y a aucune certitude qui tiennent, elles finissent toutes un moment ou un autre par s’effondrer, il y aura donc forcément des problèmes ….. gérables »

          J’ajouterais que : « si problème il y a, il faudra impérativement que nous assistions nos clients et assurons avant tout leur sécurité, tout ceci pourra être réalisé par des mesures et des contrôles précis comme la mesure du monoxyde de carbone ambiant pendant le fonctionnement de la chaudière ainsi que d’autres protocoles de mesures permettant de prendre le maximum de précautions afin d’assurer cette sécurité bien entendu malgré tout ceci des problèmes pourront survenir. A nous tous, clients et professionnels de les gérer ensemble en ayant la meilleur approche et attitude possible »

          Pour l’heure entrons dans le vif du sujet …….

          Avant le passage au nouveau gaz un état des lieux est réalisé selon le protocole suivant :

          Nous sommes donc toujours avec une chaudière fonctionnant au gaz du groupe L (gaz de Groningue G25) et nous allons passer au gaz du groupe H (Gaz de la mer du nord par exemple G20)

a) Plaque signalétique de la chaudière (Photo 1)  

1° – Marque                                                           : De Diétrich

2° – Modèle                                                            : DTG 125 Eco.Nox

3° – Catégorie                                                         : II 2E +3P

4° – Puissance utile                                                : 24 kW

5° – Débit calorifique                                              : 26,7 kW

6° – Débit gaz G20* (1013 mbar et 15°C)              : 2,82 m3/h

7° – Débit gaz G25* (1013 mbar et 15°C)              : 3,00 m3/h

          * La terminologie G20 ou G25 correspond à des gaz d’essai qui sont « assimilables » pour le gaz G25 au gaz du groupe L et le gaz G20 au gaz du groupe H.

b) Electrovanne gaz (Photo 2)

– PAMD       : Pression Amont dynamique à l’électrovanne gaz

– PAMS        : Pression Amont statique à l’électrovanne gaz (elle se prend au même                        emplacement que la PAVD)

– PAVD        : Pression Aval dynamique à l’électrovanne gaz

– PAVD        : Pression Aval dynamique à la nourrice

c) Plaque signalétique de l’électrovanne gaz (Photo 3)


d) Cahier technique du constructeur (page de garde)

Page 58 – Equipement, pression, débit de gaz

A partir de la page 58 nous sélectionnons les informations pertinentes de la chaudière modèle DTG E 125 Eco.Nox

e) Données techniques gaz de la chaudière

– Tube injecteur* brûleur H et L                 : 210 B

– Pression nourrice H                                  : 15 mbar

– Pression nourrice L                                   : 19 mbar

– Diaphragme H et L                                    : D 7 S

– Débit gaz H                                                : 2,8 m3/h

– Débit gaz L                                                : 3 m3/h

* Tube injecteur : je préfère cette terminologie plutôt que : « injecteur » et ceci afin de ne pas confondre le tube injecteur avec l’injecteur de la veilleuse. La veilleuse pouvant également être dénommée brûleur d’allumage.

f) Tube injecteur – 210 B (Photo 4)

– Diamètre du trou du tube injecteur        : 2,1 mm

– Longueur du tube (hors filetage)              : 39 mm

– Diamètre extérieur du tube                     : 10 mm

L’ensemble de ces dimensions ont été prise par mes soins

g) Diaphragme de l’électrovanne gaz (situé en partie aval de l’électrovanne) (Photo 5)

– Référence diaphragme          : D 7 S

– Diamètre de l’orifice              : 7 mm

Cette dimension a été prise par mes soins

          A la lecture de la plaque signalétique de la chaudière, le constructeur indique que sa chaudière appartient à la catégorie : II 2E +3P.  (a) Plaque signalétique de la chaudière (Photo 1) ce qui signifie selon la terminologie en vigueur :

          Appareils susceptibles d’utiliser les gaz du groupe E de la seconde famille (gaz naturel) sous-entendu gaz du groupe L et H et les gaz de la troisième famille (propane et butane). L’utilisation des gaz de la deuxième et de la troisième famille se faisant respectivement dans les mêmes conditions que pour les catégories I2E+ et I3E+. (c) Catégorie des chaudières gaz.

          Ceci est corroboré par la page 58 du cahier technique constructeur qui stipule que les tubes injecteurs pour les gaz des groupes L et H sont des 210 B et que le diaphragme pour les mêmes groupes de gaz est le D 7 S.

          Cependant on remarque que la pression aval à la nourrice est différente :

– Pression nourrice H                                  : 15 mbar

– Pression nourrice L                                   : 19 mbar

          Pour cela il sera vraisemblablement nécessaire d’intervenir sur la vis du régulateur de pression lorsque le brûleur sera en fonctionnement afin de réduire la valeur de la pression gaz aval à la nourrice en la faisant passer de 19 à 15 mbar dynamique.

          Il est nécessaire de contrôler avant toute chose la valeur de pression aval dynamique à la nourrice ainsi que la pression amont statique et la pression aval dynamique à l’électrovanne gaz.

          Pour cela il est nécessaire de réaliser ce que je nomme : « l’emprunte gaz du fonctionnement de la chaudière » ceci avant le passage du gaz L en gaz H. Voici comment je réalise cette opération :

h) Prise des pressions gaz amont et aval, statique et dynamique à la chaudière (Photo 6)

Un agrandissement de la prise de vue de la photo 6 ci-dessus peut être consulté à la photo 2.

          – Cette emprunte gaz est sauvegardée sous la forme de trois courbes en fichier type .csv. Nous obtenons une emprunte gaz avant le changement de gaz.

          – La mesure dure au minimum une demi-heure au total, brûleur à l’arrêt (pression statique) et ensuite brûleur en fonction (pression dynamique). Une prise de la température Départ / Retour chauffage pourra être réalisée en même temps ainsi que d’autres mesures le cas échéant sur avis personnel.

Pour cette chaudière voici ce que cela donne :

Un agrandissement de la prise de vue de la photo 6 ci-dessus peut être consulté à la photo 2.

          – Cette emprunte gaz est sauvegardée sous la forme de trois courbes en fichier type .csv. Nous obtenons une emprunte gaz avant le changement de gaz.

          – La mesure dure au minimum une demi-heure au total, brûleur à l’arrêt (pression statique) et ensuite brûleur en fonction (pression dynamique). Une prise de la température Départ / Retour chauffage pourra être réalisée en même temps ainsi que d’autres mesures le cas échéant sur avis personnel.

Pour cette chaudière voici ce que cela donne :

– J’analyse ensuite le tracé (nous voyons dans ce cas que la mesure totale à durée plus d’une heure elle a commencée à 15 :00 :24 pour se terminer à 16 :03 :04).

– L’objectif étant de savoir si l’électrovanne gaz est équipée de la vis de régulation de la pression gaz ou non et si celle-ci est fonctionnelle. A ce titre le tracé correspondant à la pression aval à la nourrice (tracé de couleur bleu) présente une variation de niveau,  justement parce que j’ai manœuvré cette vis de régulation.

          A ce titre je déconseille formellement à toutes personnes non initiées, professionnelle ou non, de manœuvrer à l’aveugle cette vis. Ceci doit être laissé à des spécialistes ayant les compétences et le matériel adéquate.

– Le tracé vert donne la valeur de la pression dite amont statique et dynamique à l’électrovanne gaz de la chaudière. Il s’agit de la pression amont du réseau GRDF elle est dans tous les cas un indicateur important qui permet de se rendre compte de la pression du gaz en sortie de compteur ainsi que de la manière dont peut se comporter le détendeur individuel. Sa valeur mais aussi son évolution dans le temps est fondamental.

– Le tracé gris donne la valeur de la pression dite aval dynamique (en statique la valeur est toujours nulle) à l’électrovanne gaz. Cette valeur est essentiellement indicative dans la majorité des cas.

– Le tracé bleu donne la valeur de la pression dite aval dynamique (en statique la valeur est toujours nulle) à la nourrice. Cette valeur est essentielle car c’est bien cette valeur qui devra être à comparer voir à aligner avec la valeur inscrite dans le cahier technique du constructeur de la chaudière.

 IV – Synthèse des résultats – Orientation possible mais devant être validée par GRDF

          – De manière générale l’orientation que je rendrais au client ne sera en aucun cas opposable au réseau GRDF qui reste en tout cas en qui me concerne la seule référence officielle. En d’autres termes le choix rendu par le technicien GRDF primera toujours devant l’avis que je pourrais rendre, je propose une orientation possible et le réseau valide ou pas cette orientation. Cependant l’orientation que je formulerais à savoir : « peut-on conserver ou doit-on remplacer sa chaudière afin de permettre le passage du gaz L au gaz H » sera dans tous les cas suivi d’un détail complet technique donc d’un justificatif, il me semble donc pertinent que GRDF devra également de son côté justifier de manière précise, détaillée et compréhensible à l’usager le choix qu’il rendra lors d’un remplacement de chaudière rendu nécessaire.

          La question initiale qui est l’objet de cet essai est la suivante :

« Est-ce que ma chaudière sera adaptée pour passer du gaz du groupe L au gaz du groupe H en ayant le maximum de chance de minimiser les risques d’anomalies après transformation ou réglage de celle-ci ? » Ceci sous réserve d’avoir collecté l’ensemble des éléments détaillés au a) dans la suite de l’essai cette liste n’étant nullement restrictive ni même limitative elle reste par contre une approche minimale.

a) Synthèses des éléments collectés sur le terrain

– Marque                                                                                                        : De Diétrich

– Modèle                                                                                                        : DTG125Eco.Nox

– Puissance utile (donnée constructeur)                                                       : 24 kW

– Débit calorifique (donnée constructeur)                                                     : 26,7 kW

– Rendement nominal PCI calculé selon données constructeur                   : 90 %

– Rendement utile PCS à Tm = 70°C (donnée constructeur)                       : 81 %

– Rendement utile PCI à Tm = 70°C calculé selon données constructeur          : 90 %

– Débit gaz G20* (1013 mbar et 15°C) (donnée constructeur)                     : 2,82 m3/h

– Débit gaz G25* (1013 mbar et 15°C) (donnée constructeur)                     : 3,00 m3/h

– Débit gaz G25* mesuré et corrigé au comptage                                         : 2,52 m3 / h

* La terminologie G20 ou G25 correspond à des gaz d’essai qui sont « assimilables » pour le gaz G25 au gaz du groupe L et le gaz G20 au gaz du groupe H.

On observe un écart que je suppose depuis l’origine à 16% sur le débit alors que la norme autorise un maximum de (+/-) 5% sur le débit G25.

Le coefficient de correction au comptage a été calculé à 0,97

Le débit de gaz réellement mesuré (Qm) sur le terrain : 2,6 m3/heure

– Gaz d’origine                                                                                                : Groupe L

– Catégorie de la chaudière                                                                           : II 2E +3P

– Diamètre (D1) du tube injecteur pour les gaz de type L                            : 2,1 mm

– Indice de Wobbe (W1) du gaz de groupe L                                                  : 12,5 kWh / m3

– W2 gaz H = 11,4 / √ 0,63                                                                             : 14,3 kWh / m3

– Pression (P1) aval dynamique à la nourrice pour le gaz L constructeur         : 19 mbar

– Pression aval dynamique moyenne mesurée*1 à la nourrice gaz L                  : 15,5 mbar

*1 La mesure devra se faire sur au minimum 10 minutes cumulé ou continu

On remarque déjà dans cette situation que la chaudière à la livraison n’a pas été réglée à la pression aval dynamique indiquée par la fabricant l’usager ne déclare aucune anomalie particulière depuis que j’ai cette chaudière en charge. Je rappelle que je n’installe pas les chaudières et celle-ci ne fait pas exception à la règle comme je l’indique dans la page d’accueil de mon site internet.

– Changement des tubes injecteurs                                                              : non*2

– Changement du diaphragme de l’électrovanne gaz                                  : non*2

*2 Ceci pouvant être corroboré par un écrit émanant directement du constructeur de la chaudière. En l’absence un écrit émanant du constructeur sera nécessaire.

– Présence d’un régulateur de pression l’électrovanne gaz                         : oui

– Pression amont statique moyenne mesurée*3                                           : 24,9 mbar

*3 La mesure devra se faire sur au minimum 10 minutes cumulé ou continu

          Selon les données constructeur les tubes injecteurs (Photo 4 ci-dessus) sont les mêmes pour le gaz L que pour le gaz H le diamètre de l’orifice de sortie du tube injecteur D2 = D1= 2,1 mm.

          A partir de là nous pouvons calculer grâce aux indices de Wobbe eux-mêmes calculés au I b) ci-dessus la pression aval dynamique à la nourrice qu’il faudra appliquer à l’électrovanne gaz afin de passer du gaz L au H. Ce calcul se fera suivant la formule :

P2 = P1 x (W1 / W2)2 x (D1 / D2)4     

– P1              : 19 mbar              (donnée constructeur)

– W1             : 12,5 kWh / m3    (calcul personnel)

– W2             : 14,3 kWh / m3    (calcul personnel)

– D1 = D2     : 2,1 mm               (donnée constructeur)

P2 = P1 x (W1 / W2)2 x (D1 / D2)4

P2 = 19 (12,5/14,3)2 x (2,1/2,1)4

P2 = 19 x (0,8) x (1)

P2 = 15,2 mbar

          Afin d’appuyer le résultat de ce calcul il est utile de reprendre le tableau du constructeur ci-dessous

Nous observons que le calcul (P2 : 15,2 mbar) nous donne une valeur sensiblement égale à la valeur du fabricant (Pf = 15 mbar).

          Pour conclure :

          Pour passer cette chaudière de marque De Diétrich modèle DTG125Eco.Nox d’un gaz L à un gaz H il ne semble y avoir aucune transformation selon le fabricant c’est-à-dire que l’architecture du brûleur est adaptée, les tubes injecteurs sont adaptés, le diaphragme est adapté, l’électrovanne gaz possède bien une vis de régulation permettant sous réserve de son bon fonctionnement de faire varier dans une plage déterminée la pression aval dynamique à la nourrice. Il restera à déterminer si au final cette plage de variation permise par la vis du régulateur de l’électrovanne gaz reste dans un domaine acceptable. En effet si nous posons le problème suivant :

– Pression amont statique du réseau GRDF*5 actuel normalement           : 27 mbar

*5 en réalité cette valeur de 27 mbar est dite « académique » car des mesures pratiques révèlent que cette valeur peut osciller entre 25 et 31 mbar voir plus chez certains client.

– Pression aval dynamique à la nourrice pour le gaz du groupe L              : 19 mbar*6 

*6 pour ce modèle de chaudière et quel que soit la puissance nominale de l’appareil selon les données constructeur.

– Pression aval dynamique à la nourrice pour le passage du gaz H           : 15 mbar*6

          Nous observons que nous avons une poussée d’environ 27 mbar (avec un minimum de 25 mbar ainsi qu’un maximum pouvant atteindre 31 mbar voir plus dans certains cas) nous abaissons cette pression actuellement de 27 mbar statique à 19 mbar dynamique soit une régulation stable 8 mbar. Avec l’usage du gaz du groupe H nous devons abaisser cette poussée de 27 mbar statique à 15 mbar dynamique soit une régulation stable (dans ce cas précis) de 12 mbar c’est-à-dire qu’il y a une variation de 50 % dans ce cas. Il est difficile de certifier que le régulateur de pression équipant l’électrovanne gaz permettra de faire varier la pression de 27 mbar statique à 15 mbar dynamique pour toutes les chaudières. Si telle n’est pas le cas des solutions existes par exemple il sera peut être nécessaire de demander au réseau GRDF de faire varier sa pression amont statique à la baisse par exemple en la faisant passer de 27 mbar à 20 mbar. Ou bien il sera peut être possible de laisser fonctionner la chaudière avec une pression aval dynamique à la nourrice un peu différente de celle donnée par le constructeur sous réserve qu’elle ne présente pas un danger pour la sécurité des usagers sachant que dans le doute sur la sécurité des usagers la prudence prime devant toutes autres considérations cependant à ce stade je ne perçois pas le type de danger pouvant résulter de cette légère variation de pression aval dynamique à la nourrice si ce n’est dans la majorité des cas une très légère surconsommation de gaz voir un léger « inconfort » thermique. De manière générale il faut bien considérer que :

          – Premièrement l’ensemble du parc de chaudière dans les Hauts de France est assez largement surdimensionné d’origine sauf cas particulier

          – Deuxièmement j’observe systématiquement (voir ce cas précis qui est un cas réel) déjà des écarts important dans la valeur de pression aval dynamique à la nourrice par exemple pour ce cas :

          – Pression aval dynamique nourrice données constructeur               : 19 mbar

          – Pression aval dynamique nourrice moyenne mesurée                             : 15,5 mbar

Ceci montre que cette chaudière est déjà réglée pratiquement à la valeur de la pression aval dynamique à la nourrice pour le gaz du groupe H alors que nous sommes toujours en gaz du groupe L (chaudière située dans la ville de Lomme et le jour des mesures était le : 28/01/2020).

          Tout ceci afin d’attirer l’attention des usagers sur le fait que certes il pourra et il y aura des problèmes par-ci  par-là cependant je reste persuadé que la grande majorité des chaudières actuelles passeront sans encombre et sans de lourds investissements du gaz L au gaz H. Encore une fois l’âge de la chaudière n’est en aucun cas un critère premier dans le choix formulé de garder ou non un appareil.

          A ce titre le choix de profiter de remplacer sa chaudière à ce moment tiendra plus à mon avis sur le modèle de chaudière lui-même par exemple une chaudière murale haut de gamme qui à 20 ans serait susceptible d’être remplacée sans trop se poser de questions par rapport à une chaudière sol de moyenne gamme qui à 25 ans. Tout simplement parce que la durée du vie moyenne d’une chaudière murale se situe entre 10 et 15 ans alors qu’une durée de vie d’une chaudière fonte au sol est d’environ 35 à 40 ans. Maintenant chaque cas doit être étudié par un spécialiste afin que l’usager puisse rendre un avis éclairé.

          Dernière il me semble évident de s’y prendre bien en amont du remplacement même afin de se préparer car le moment venu c’est-à-dire peu de temps avant la phase de passage au nouveau gaz celui du groupe H tout le monde voudra avoir des réponses, les professionnels seront débordés par l’afflux de demandes et ils devront par nécessité et non par choix rendre des avis à la chaine ce qui entrainera inévitablement des erreurs voir pour un minimum d’individus un bon moyen de profiter de la situation pour vendre de nouveaux appareils cependant je reste intimement persuadé que si cela se fait ce ne sera qu’à la marge.

          Voilà ! Mon essai relatif au principe de changement de gaz dans les Hauts de France sur les chaudières utilisant le gaz naturel touche à sa fin il démontre si il en était utile que tout cela reste assez aride et laborieux donc que ceci aura un coût celui-ci sera en partie prit en charge par le réseau GRDF ou par l’état en cas de remplacement de chaudière mais qu’il y aura quand même une partie de la charge qui reviendra aux ménages. Je pense qu’une bonne préparation quelques années à l’avance est primordiale et qu’elle est sous la responsabilité des particuliers. Les spécialistes professionnels quant à eux devraient dès à présent réfléchir à la question, la partager avec tous les autres acteurs de la filière afin de sortir une démarche commune la plus simple et la plus efficace possible permettant de passer cette « transition de groupe » de manière éthique et pertinente.

          A titre de complément je reste à votre disposition pour réaliser une étude de faisabilité comme présentée ci-dessous de votre chaudière son coût est de 135 € déplacement compris elle dure au minimum 1 heure sur place et elle comprend :

– Intervention sur site (à votre domicile)   

– Prise de mesures et une collecte de données sur le modèle de celles proposées dans l’essai présenté

– Etude en laboratoire de l’emprunte gaz de votre chaudière

– Etablissement d’un compte rendu qui formulera une orientation possible non opposable au réseau GRDF

– Une réflexion commune le cas échéant sur les avantages pouvant conduire au remplacement de l’appareil sachant que je ne vous apporte cette approche qu’en dernier ressort car encore une fois mon intervention n’est pas motivée par le fait de vous vendre une chaudière je ne propose tout simplement pas cela dans mes prestations et ceci depuis le début de la création de Rénove Chaudière en 2009. Je garde définitivement un avis objectif et libre de toutes pressions commerciales.

          Vous pouvez effectuer vos demandes sans tarder sur l’adresse mail suivante :

          – renove.chaudiere@gmail.com

          Une photo de la plaque signalétique de votre chaudière vous sera demandée au préalable elle devra m’être envoyée par mail.

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